Papers, Please

Gloire à Arstotska ! Votre nom a été tire lors de la loterie de l’emploi et vous serez en charge des douanes Arstotskienne en échange d’un maigre salaire et d’un petit logis pour vous et votre famille de 5. Papers, Please est un jeu au but bien simple mais il se démarque par tous les petits facteurs environnants qui découlent de la bureaucratie totalitaire.

Il n’y a pas de princesses à sauver ni de catastrophe interplanétaire à éviter, le but du jeu est de vérifier des documents officiels de personnes qui voudraient immigrer en Arstotska et les étamper leur passeport. Plate comme prémisse vous direz ? À première vue, on se dit que ça va être facile et trop simple. Oh que non ! Le charme du jeu est dans sa simplicité mais qui devient vite complexe. La première journée vous demande de ne laisser passer que les citoyens et refuser les étrangers. Le lendemain, les étrangers peuvent entrer mais avec un billet de visite valide d’une durée pré-établie. Le jour suivant, on demande de vérifier les demandes de visites, en plus du reste habituel comme l’authenticité du passeport, la photo du détenteur, le sexe, la taille, etc. Vous voyez la formule ici ? Et vous êtes payé à la fin de la journée selon le nombre de personnes que vous avez traitées durant cette journée-là. Donc, pas le temps de niaiser devant chaque demandeur.

Concept simple qui amène son lot de stress assez rapidement puisque plus vous avancez, plus on vous demandera des choses plus ardues, mais sans oublier l’habituel. Plus les journées se succèdent, plus vous avez d’informations à vérifier. Rendue à un certain moment, je n’avais tout simplement plus de place sur le petit comptoir réservé pour étaler tous les papiers présentés. Il y a aussi la possibilité que des événements aléatoires se pointe à vos portes : des nationalistes radicaux qui perpétuent un attentat,  un homme recherché par la justice se pointe à votre poste ou même des immigrants qui tentent d’entrer de force. Cela coupe court à votre journée et donc, moins d’argent ramenée à la maison. Vous avez 4 personnes à votre charges qui doivent manger, être logés, dans un endroit chaud, en plus de payer s’ils tombent malades. Moins d’argent implique que vous devrez faire des sacrifices dans vos dépenses quotidiennes pour la famille. À moins d’accepter les pots-de-vin…..

Et que dire des moments “humains” ? Malgré toute la structure bureaucratique froide et sans remords, comment réagissez-vous devant un couple dont l’épouse n’a pas tous ses papiers en règle ? La refusez-vous d’un côté pendant que son mari traverse la frontière ou allez-vous déroger du protocole et permettre à la famille d’être réunie en sachant que vous serez pénalisé (et votre famille du même coup) ? Comment vous sentez-vous lorsque vous devez demander à une femme de devoir se déshabiller pour être fouillée lorsque vous suspectez du traffic de drogues ? Ce sont les genres de choses qui font que Papers, Please sort du lot. D’aucune façon le jeu tente de vous imposer un guide moral; tout est dans votre façon de gérer les situations. D’un côté vous avez la réalisation froide et distante d’un système qui ne peut pas se permettre d’être “humain” pour assurer la sécurité de votre nation et de ses habitants et de l’autre, vous avez des gens qui veulent peut-être une meilleure vie ailleurs. Et il y a vous entre les deux. Être autre chose que froid et distant peut être fatal pour vous ou votre famille.

À certaines occasions, on vous offrira la possibilité d’améliorer votre cubicule de travail pour une modique somme. Je vous conseille fortement de les considérer puisque cela rend plus efficace votre processus de vérification et donne aussi un sentiment de progression.

Le jeu peut sembler laid et daté à prime abord, à cause de ses graphiques simples polygonaux et de ses couleurs mornes et sans logiques mais je trouve que cela amplifie plutôt l’idée de devoir faire son travail sans discrimination; c’est comme déshumaniser les gens qui doivent traverser la frontière, ce sont seulement des numéros. Ça apporte aussi un sentiment d’oppression puisque même avec une ambiance drabe et sans musique, c’est difficile de ne pas “s’attacher” à certains réguliers (Jorji) ou même certaines personnes dans le besoin.

Selon votre performance et vos choix, vous avez une vingtaine de fin possible à découvrir, qui peuvent arriver à n’importe quel jour de votre partie. Je me suis fait arrêter pour une niaiserie au 29e jour mais en rechargeant une journée antérieure pour continuer, j’ai changer les événements et pu continuer ma partie. Si vous préférez jouer sans débuter une partie à proprement dit, c’est possible en jouant au mode “endless” (sans arrêt).

Papers, Please est l’un de ses jeux qui surprend. Le dicton “Ne jamais juger un livre par sa couverture” est approprié pour ce titre indépendant, développé par Lucas Pope. Malgré le but simple de la routine “vérifier des papiers – accepter ou refuser”, le jeu nous garde sur la pointe des pieds en jouant avec les règles de jour en jour et où l’erreur peut s’avérer désastreuse. Le prix du jeu vaut amplement le temps que vous allez passer dessus. Une très belle découverte.

  • excellent rapport qualité-prix
  • nous garde sur nos pas même dans la routine
  • pas axé sur nos abilités motrices mais sur nos abilités cognitives
  • jeu punitif rapidement si on ne porte pas attention

 

  • certains aspects du jeu ne sont pas évidents (connaître le nom des villes fictives soviétiques c’est tout un défi)

 



Partagez l'article avec vos amis !
facebooktwittergoogle_plusreddittumblrfacebooktwittergoogle_plusreddittumblr
//

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Écrit par :

@halokitty008
08 February, 2014

ETG sur les Réseaux