la NES

Cette année, nous célébrons le 30e anniversaire du lancement de la NES (déjà !). Comment la console chérie a-t-elle su raviver l’industrie du jeu après un crash désastreux, en 1983 ? Nous vous avons préparé une petite leçon d’histoire.

Ses débuts en 1983-84

Dans un monde largement conquis par les consoles d’arcades à la fin des années 1970 et début des années 1980, Nintendo développa des plans pour une console maison 8bit utilisant des cartouches de données. Masayuki Uemura, chef du département de recherche et développement chez Nintendo à l’époque, fut en charge du design de la petite console dont la performance et le prix devait surpasser ses compétiteurs tels qu’Atari. Celle-ci s’appellera originalement la Famicom au Japon, qui se veut un mélange entre FAMIly et COMputer.

Le design original de la Famicom faisait très référence aux jouets que l’on retrouve en magasin : un mélange de rouge très vif et de blanc plastique, avec des sockets sur les côtés pour y entreposer les manettes lorsqu’elles n’étaient pas utilisées. La console était conçue pour lire des cartouches à 15-pines externes et interchangeables. On assista aussi au début du pad directionnel, qui était beaucoup moins lourd et moins couteux à produire que le joystick traditionnel. Inventé par un simple employé de Nintendo, Gunpei Yokoi, cette idée fut utilisée avec les systèmes Game&Watch avant d’être une partie intégrante de la manette.

Lancée le 15 juillet 1983 au Japon pour une somme de 14 800 yen, les titres disponibles au lancement étaient les populaires Donkey Kong, Donkey Kong Junior et un jeu de Popeye. Un problème important de circuiterie obligea Nintendo à faire un rappel de ses consoles juste avant le temps des fêtes.

Relancée avec une toute nouvelle carte-mère, la Famicom aura vendue 2.5 millions de copie à la fin de 1984.

Débarquement en terre américaine en 1985

Nintendo se tourna vers l’Amérique du Nord pour y lancer sa nouvelle protégée. En 1984, Nintendo n’était pas encore un joueur important sur le marché des consoles-maison. Pour convaincre un public sceptique, Nintendo tenta de s’associer avec Atari pour la distribution de la Famicom. Atari étant un nom bien connu des américains, Nintendo croyait avoir trouvé une porte d’entrée importante. Malheureusement, après le crash de 1983 causé, entre-autres, par des produits de mauvaise qualité et une saturation du marché, Atari dut laisser tomber l’entente avec Nintendo; les finances d’Atari ne pouvaient plus supporter un tel accord. Nintendo décida donc de s’aventurer seule sur le marché américain.

Au CES de l’été 1985, Nintendo démontra une version plus sobre de sa Famicom. De couleur grise et noire, le design était plus carré et avait maintenant une porte pour l’insertion des cartouches à l’avant, plutôt que sur le dessus. De plus, Nintendo opta pour la décrire comme étant un système de divertissement, plutôt qu’une console de jeu vidéo maison, ce qui a permis de différencier le concept de console de jeux à un jouet pour enfant. Elle était présentée comme étant versatile en lui donnant des accessoires (R.O.B, le Zapper-gun et plus tard, le Power Glove). Ce ne fut pas facile de convaincre les magasins américains de distribuer le produit. Seulement après une campagne intense de marketing dans les centres d’achats et un accord de retour sur les copies invendues, Nintendo réussi à sécuriser un nombre important de distributeurs pour sa console.

Lancée le 18 octobre 1985, à New York, avec seulement 100 000 copies, la NES était née. Deux modèles de la console étaient disponibles au lancement : un modèle de luxe à 200$ US et un modèle de base à 150$US, comprenant deux manettes et une copie de Super Mario Bros/Duck Hunt. 18 titres étaient disponibles au lancement dont Donkey Kong Jr Math, Duck Hunt, Excitebike, Ice Climber, Gyromite et Kung Fu.

En plus du look général de la console et de ses couleurs, plusieurs points la différenciaient de sa sœur, la Famicom. Il était maintenant possible de débrancher les manettes, situées dorénavant à l’avant de la console. Les deux manettes de la Famicom étaient différentes l’une de l’autre; la première avait les boutons « start » et « select » tandis que la deuxième avait un microphone pour les remplacer. Cette idée fut laissée tombé avec l’arrivée des manettes dé-branchables et remplaçables. De plus, les boutons A et B avaient un design circulaire; les premiers modèles de la Famicom avait des boutons carrés, qui sont souvent restés encastrés dans le plastique de la manette, causant des problèmes de console qui « gelaient ».

Le succès de la NES a littéralement propulsé Nintendo comme un chef de file dans le domaine des jeux vidéo. À la fin des années 1980, le NES avait surpassé les ventes de ses compétiteurs les plus près, l’Atari 7800 et le Sega Master System. En 1988, Super Mario Bros 3 établit un nouveau record pour la compagnie: le jeu aura vendu plus de 11 millions de copies dans le monde, lui donnant ainsi le titre de « jeu le plus vendu au monde » à cette époque

Du Third-party non-autorisés

Par souci de son image, Nintendo ne permettait qu’à certain développeurs de produire des jeux pour la console. Ces jeux portaient le « Nintendo Seal of Quality ». Cette mention n’était pas une mesure de déterminer de la qualité du jeu lui-même mais plutôt pour avertir les clients que le contenu du jeu n’était « questionnable » ni pour adultes seulement; le développeur avait payé un frais de licence pour être approuvé par Nintendo et donc, autorisé à distribuer son jeu légalement. Nintendo avait donc installé à l’intérieur de ses machines et de ses jeux licenciés, une chip de lecture qui vérifiait l’authenticité du produit : si un jeu ne portant pas cette chip à l’intérieur, la console ne la reconnaissait pas comme étant légitime et donc refusait la lecture.

Plusieurs compagnies ont refusés systématiquement de payer une licence à Nintendo pour produire des jeux pour la NES. Les jeux licenciés de la NES (contrairement à la Famicom au Japon) avait tous la même couleur grise (à l’exception de The Legend of Zelda et Zelda II : The Adventure of Link qui était disponibles seulement en couleur doré). Certains jeux passaient par une boite où l’on y insérait les jeux. Cette « boite » possédait ladite chip qui se faisait ainsi reconnaître par la console.

D’autres compagnies y allait plus dur en installant un circuit qui disablait la chip dans la console. Atari créa les jeux Tengen et utilisa une façon arbitraire de contourner le problème : elle avait créé sa propre chip, clone de celle retrouvé dans les jeux officiels. Pour ce faire, elle avait obtenu les blueprints illégalement auprès de l’United States Patent and Trademark Office sous un faux prétexte : en prétendant que l’idée lui avait été volée au préalable. Atari fut amenée devant les tribunaux et ne pu prouver la légalité de ses actions.

Les jeux non-autorisés par Nintendo avaient une couleur de boitier différent, selon son distributeur : Tengen distribuait des noires, Wisdom Tree en avait des bleues, etc.

Lisez la suite, en page 2

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Écrit par :

@halokitty008
11 February, 2012

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