L’histoire de GTA – page 2

Retour aux années 80

Avec des modèles 3D tous prêts, un engin graphique bien rôdé, une formule gagnante, une suite au même goût était assuré. Après avoir pris inspiration des films de Coppola et Scorsese, il était venu le temps de regarder en direction de De Palma et Mann. Des plages chaudes et ensoleillées, des yachts, des chemises hawaïennes et par-dessus tout, une bande sonore du tonnerre ont donné naissance à Vice City.

Avec seulement quelques « tweaks » à l’engin, le jeu a été développé dans un temps record et disponible dès octobre 2002. Des subtilités à la jouabilité ont donné à ce titre une saveur distincte. On pouvait désormais faire éclater des pneus des véhicules,  sortir de ceux-ci en mouvement, plus facilement cibler des NPC hostiles. Les missions étaient plus diversifiées aussi. Tommy Vercetti (pour une fois que notre bonhomme ne s’appelle pas Claude), tente de monter les échelons et créer son propre empire criminel. On se procurait de l’immobilier (où l’on retirait une part), menaçait des politiciens véreux avec des photos incriminantes, aider un glam-rock band à se procurer des putes, etc. Il y avait même Dennis Hopper qui prêtait sa voix et Jenna Jamieson. Le tout dans un décor des plus américains du régime Reagan, et se clôturant dans un moment glorieux à la Scarface. Quoi de plus nostalgique ?

À peine un an après sa sortie, le jeu fut accompagné de controverse : des Cubains et des Haïtiens ont dénoncé le caractère raciste de certains dialogues et missions. Le maire de la ville de New York s’est aussi dit préoccupé par la question et a demandé à Rockstar de rectifié la situation, ce qu’ils ont refusé. Take-Two a prit charge du dossier et a retiré les lignes fautives et le jeu est ressorti avec son contenu modifié. Cela n’a pas empêché le titre de vendre au-delà de 17.5 millions d’exemplaires, selon des chiffres de 2008.

 

Du old-school gangsta rap

Tout le monde s’attendait à avoir un nouveau titre l’année suivante. Quelle ne fut pas la surprise et la déception des fans d’entendre que le prochain jeu de la série ne sortirait qu’en 2004. Après cette annonce, ce fut le silence radio. Aucun détail ne fut officiellement divulgué pour les mois suivants. San Andreas n’était pas une ville mais bien un état au grand complet. On pouvait y faire des détours vers Los Santos (l’équivalent de notre Los Angeles), San Fierro (San Francisco) et Las Ventura (Las Vegas). Cela équivalait à environ 4 fois plus de terrain de jeu que Vice City. Un plus grand choix de véhicules était disponible (au-delà de 200) en passant des moissonneuses, aux motocyclettes, bicyclettes, jets et aussi des jetpacks !

Mais la nouveauté était beaucoup plus personnelle. Les Houser ont décidé d’y donner une touche plus RPG (jeux de rôle et l’arme). On devait garder notre CJ en forme en le nourrissant, l’amenant à la gym. Il pouvait être gros ou très « buffed-up » selon la direction souhaitée. On choisissait son habillement, sa coupe de cheveux, ses tattous, son bling-bling. Il fallait aussi lui apprendre certaines habilités dont la conduite, le tir, son endurance, etc. La promesse de n’avoir aucun loading screen était presque tenue (en fait, on pouvait faire le tour de la ville sans jamais avoir un loading screen, à l’exception d’entrer à l’intérieur de bâtiments). Certains diront que la map était peut-être un peu trop grande. Puisque plusieurs missions vous demandaient d’aller dans les villes voisines, il était plutôt long et laborieux de se rendre d’un point A à un point B.

Les piétons réagissaient aussi au premier signe de trouble en s’enfuyant ou en répliquant. Fini les visites chez les prostitués du coin, vous aviez des dames à courtiser en exécutant divers missions…certaines assez douteuses mais bon. Vous deviez les impressionner pour qu’elle vous invite à prendre le café à la maison.

 

Un café bien chaud et coûteux

Avec les années, une culture de « modders » s’est installée au sein de GTA. Ceux-ci développaient des modes multijoueurs, des skins différents pour les personnages, bien avant la sortie de San Andreas. Rockstar Games était au courant et donnait son accord implicite. Après 8 mois sur les tablettes, un « modder » danois du nom de Patrick Wildenborg (sous son alias PatrickW) découvre, dans les fichiers inutilisés du jeu, un fichier intitulé « Hot Coffee ». Un tweak ici par là et finalement, ce dernier publie une « patch » qui permettait d’activer le fichier. Par la suite, on a aussi découvert la présence du fichier « Hot Coffee » dans la version console de San Andreas.

Pour ceux qui n’ont pas suivi l’épisode « Hot Coffee », dans le jeu vendu, lorsque vous réussissez à convaincre votre « date » d’entrer chez elle, la caméra reste à l’extérieur mais vous entendez des gémissements. En activant le mod « Hot Coffee », vous aviez accès à un mini-jeu (brut soit-dit-en-passant) où vous pouviez performer l’acte sexuel (habillé ou en petite tenue) dans divers positions, en utilisant les mêmes contrôles comme si on faisait danser CJ.  C’est des actifs qui avaient été désactivés dans le jeu et non-utilisés dans le produit final (à part pour une possible animation dans l’arrière-plan d’une mission, ce qui expliquerait pourquoi le fichier n’a tout simplement pas été détruit).

Lorsque l’histoire est sortie dans les médias, c’était la consternation dans la sphère politique. L’ESRB a réévalué le jeu et a changé sa codification de M17+ à A (pour adultes seulement). La cote A est perçue comme une tueuse de ventes puisque beaucoup de détaillants refusent de distribuer ces produits (dont Wal-Mart). Des collants portant la nouvelle codification fut distribués pour les articles promotionnels (et les boutiques de location de jeux), le reste des stocks a été rapatriés à l’usine. Rockstar a retiré l’accès au contenu illicite et distribué une « patch » à son tour nommé « Cold Coffee » pour les détenteurs du jeu. Après les modifications et les excuses publiques, GTA : San Andreas a retrouvé sa codification de M17+, mais le mal était déjà fait.

 

Gérer un empire criminel dans la paume de ses mains

Une journée seulement avant la sortie de GTA : San Andreas, Grand Theft Auto Advance pour le Game Boy Advance est sorti. Celui-ci est le premier et seul jeu de la série à avoir été écrit et développé par un studio autre que Rockstar North. Une espèce d’histoire qui aura servi, en quelque sorte, de prologue à GTA III. Compte tenu du manque d’espace de la cartouche, plusieurs éléments clés ont dû être retirés dont la bande sonore et la variété (missions, voitures, etc.). C’est pourquoi, les développeurs se sont plutôt tournés vers le format UMD de Sony.

Pour cette aventure, Rockstar Games donna son aval à Rockstar Leeds (connu autrefois sous le nom de Mobius Entertainment), qui était spécialisée dans les jeux sur mobiles. Sous la direction de la division Rockstar North, l’équipe de développement a laissé tomber Renderware comme engin graphique et a mis sur pied un engin fait maison. Elle a aussi reconstruit la ville de Liberty City « from scratch », telle qu’on la connaissait dans GTA III. Liberty City Stories est arrivé sur les tablettes en Octobre 2005 et c’était tout ce que les fans s’attendait de la série désormais sur console portable, avec un plus : du multijoueur.

La réponse fut positive : quelques mois plus tard, un port du jeu fut mis en marché pour la Playstation 2 et l’année suivante, un prologue à Vice City où l’on suit Victor Vance (le frère de Lance de Vice City) qui passe d’une carrière militaire prometteuse à un baron de la drogue. Vice City Stories a aussi reçu le traitement pour la Playstation 2, quelques mois après sa sortie.

Lisez la suite, en page 3

NDLR : les images utilisées pour la couverture du dossier, ainsi que l’image en accueil proviennent de l’artiste Patrick Brown (http://patrickbrownart.com/portfolio/). Tous droits réservés à l’artiste.
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Écrit par :

@halokitty008
14 September, 2013

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